jeudi 6 novembre 2008

La planète trinque, on en parle à l'apéro

Mardi soir, l'université Louis Pasteur et le Centre national d'études spatiales ont organisé une soirée-débat au Troc'afé. Leur objectif : parler du changement climatique autour d'un verre. Pour mener la discussion, deux intervenants : Jean-Louis Fellous, ancien responsable de l'Observation de la Terre au CNES et Paul de Fraipont, directeur du SERTIT (Service régional de traitement d'image et de télédétection). Ils ont invité la trentaine de personnes présentes à écouter un court exposé sur la capacité des satellites à observer les signes du changement climatique sur terre (déforestation, fonte de la banquise...). Autant de manifestations invisibles à l'œil nu mais observables depuis l'espace.


Jean-Louis Fellous et Paul de Fraipont ont répondu
aux questions du public.


Les deux spécialistes s'installent avec leur verre de bière et leur micro pour lancer le débat. Dans la salle, un mélange d'habitués et de curieux, et surtout une majorité d'étudiants. Certaines questions sont plutôt techniques, pour la plupart posées par les deux jeunes animatrices de la soirée ; d'autres reflètent les interrogations du grand public : "Aujourd'hui, les scientifiques cherchent plutôt à limiter la casse ou vraiment à travailler sur les causes de ces dérèglements ?", demande ainsi une jeune fille blonde d'une vingtaine d'années. Quelques clients s'interrogent sur les conséquences réelles de ce changement climatique et remettent en question la fiabilité des données fournies par les satellites sur la hausse du niveau des océans. Dans l'ensemble les gens semblent plus curieux qu'inquiets, parfois même ironiques : "Quand je mets un glaçon dans mon whisky et qu'il fond, le niveau de liquide n'augmente pas, alors pourquoi ça serait différent avec les océans ?", demande un client, âgé d'une quarantaine d'années, avec un grand sourire. Philippe Merlet, la trentaine, sera le champion des questions de la soirée. Cet habitué du Troc'afé venu juste pour boire un coup a finalement décidé d'y rester jusqu'à la fin.






A la table des jeunes étudiants de l'ULP, ça discute... d'environnement bien sûr, mais aussi de la prochaine bière qu'ils vont commander. L'ambiance n'est pas aussi sérieuse que si le débat avait eu lieu dans un endroit plus formel comme un amphithéâtre ou une salle de conférence. Les gens entrent et sortent librement et discutent entre eux avant de reprendre le fil du débat.

Loin de déranger les organisateurs cette situation est plutôt souhaitée. Vulgariser la science est l'objectif de cette initiative, comme l'explique Séverine Klein, la rédactrice en chef du site du CNES.






C'est la première fois que le Troc'afé organise un café scientifique. Le lieu est plutôt connu pour ses soirées apéro-mix.

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